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Quels sont
les traitements du cancer de la prostate ?
Le traitement sera choisit
en fonction des caractéristiques de la maladie : son stade
(limité ou non à la prostate), sa vitesse de croissance, et
en fonction des caractéristiques du malade : état général
(âge, autres maladies graves), priorités et préférences
selon les avantages et inconvénients des différents
traitements possibles. Le choix se fera donc à l'issue d'un
réel dialogue médecin / patient durant lequel le patient
aura été informé des différentes possibilités de traitement
et de leurs avantages et inconvénients respectifs.
Les traitements actuels
sont l'ablation chirurgicale de la prostate
(prostatectomie), la radiothérapie externe, la curiethérapie
et le traitement hormonal.
Le traitement n'est pas
systématique et parfois il est possible de simplement
surveiller un cancer de la prostate sans traiter d'emblée.
Pour certains patients fragiles ou âgés ayant un cancer peu
évolutif (chiffre de PSA faible, toucher rectal normal, pas
de symptômes de la maladie, cellules peu agressives après
examen de la biopsie au microscope), on peut envisager une
surveillance avec un traitement différé en cas d'évolution
de la maladie
En quoi
consiste la prostatectomie ?
C'est l'ablation
chirurgicale de la prostate et des vésicules séminales.
Elle implique de reconstruire la continuité en faisant une
suture entre la vessie et le canal de l'urètre. Cette
intervention peut-être menée par voie chirurgicale classique
(incision sur la peau) ou par laparoscopie (ou cœlioscopie).
Elle est parfois associée à l'élimination de ganglions qui
drainent la prostate dans le but d'avoir une analyse plus
précise du stade de la maladie.
Cet acte est réalisé dans
le but de guérir un cancer de prostate localisé
(c'est-à-dire que le bilan est en faveur d'une tumeur
confinée à la prostate).
La prostatectomie permet
l'analyse de la prostate par un laboratoire (sous
microscope). Cette démarche permet d'établir le diagnostic
précis du stade de la maladie et de réaliser si nécessaire
une radiothérapie complémentaire.
Qu'en
est-il des risques d'impuissance liés à la prostatectomie ?
L'impuissance est fréquente
juste après l'opération, l'impuissance s'améliore
généralement dans les mois qui suivent (jusqu'à 18 mois
après l'intervention). Les séquelles peuvent être des
érections moins rigides avec parfois un besoin de traitement
complémentaire. Le risque d'impuissance dépend de âge :
plus la personne est âgée, plus le risque d'impuissance est
important. Il dépend également de la puissance sexuelle
avant l'intervention : Plus le malade a des érections et
rapports sexuels possibles, plus le risque d'impuissance est
faible. Pour finir, l'impuissance dépend aussi de la
possibilité, au moment de l'intervention, de préserver les
nerfs érecteurs (au contact de la prostate). Ce choix
engendre cependant le risque de laisser une partie de la
tumeur en place.
L'impuissance est-elle définitive ?
Généralement, non. Elle
peut durer jusqu'à 18 mois . Malheureusement, dans certains
cas, elle peut ne plus disparaître. Les traitements actuels
(comprimés ou injections) peuvent alors parfois pallier à
cette impuissance.
Quelle
est la fréquence de l'impuissance ?
Les études à ce propos sont
très variables puisqu'elles nous donnent des chiffres allant
de 10% à 90%. La moyenne se situe sans doute autour de 70%
(c'est-à-dire que 70% des personnes opérées présenteront une
impuissance après l'opération).
Quels
sont les autres inconvénients de la prostatectomie ?
L'incontinence urinaire :
fréquente à l'ablation lorsque la sonde urinaire est
retirée, elle s'améliore dans les semaines qui suivent. Plus
de 90% des malades n'ont pas besoin de protection (couches)
à 1 an de la prostatectomie.
Un rétrécissement de la
région du raccord entre la vessie et le canal de l'urètre
(rare) : ce rétrécissement a pour conséquence une diminution
de la force du jet urinaire avec l'obligation de " pousser "
pour initier la miction.
Le traitement consiste à inciser ce rétrécissement (sous
anesthésie, durée 10 minutes, se pratique au bloc opératoire
au cours d'une courte hospitalisation).
En quoi
consiste la radiothérapie externe ?
La radiothérapie externe
utilise un rayonnement à haute énergie pour détruire les
cellules cancéreuses. Les cellules saines sont également
affectées par ce traitement mais sont plus résistantes que
les cellules cancéreuses. Il n'est pas possible de traiter
sélectivement les cellules cancéreuses.
La dose totale de rayons appliquée sur la prostate doit être
fractionnée dans le temps, ce qui explique la nécessité de
se rendre au centre de radiothérapie tous les jours
ouvrables (jusqu'à 8 semaines consécutives) pour des
sessions de quelques minutes. C'est une machine qui délivre
les rayons et ceci est indolore.
Cette technique a bénéficié des progrès récents de
l'informatique et la cible des rayons est plus précise
actuellement.
Cette technique est
proposée si le cancer est confiné à la prostate ou s'il a
franchi les limites de la prostate mais sans extension à
distance. Elle est souvent associée dans ces cas à un
traitement médical (hormonothérapie). On l'emploie aussi en
application sur des métastases douloureuses dans le but de
diminuer la douleur.
Métastases = localisation du cancer à un autre partie de
l'organisme (vertèbres par exemple).
Quels
sont les avantages de la radiothérapie externe ?
Cette technique évite une
anesthésie générale et une chirurgie avec leurs
complications possibles. A priori, la radiothérapie donne
également moins de complications urinaires et sexuelles que
la chirurgie.
Quels sont les inconvénients de la
radiothérapie externe ?
Les inconvénients sur la
santé sont en majorité mineurs et transitoires : irritation
cutanée, fatigue, irritation de la vessie, troubles
digestifs, diarrhées et sang dans les selles. Cependant le
risque de séquelles permanentes ne peut pas être exclu. Une
impuissance peut apparaître dans les 2 ans qui suivent la
radiothérapie (risque de 40%).
Il reste bien sûr la
contrainte de se rendre tous les jours pendant plusieurs
semaines au centre de radiothérapie.
Il est également impossible de faire une chirurgie
(prostatectomie) en cas d'échec de la radiothérapie (à cause
de la mauvaise cicatrisation des tissus traités par rayons).
On élimine donc une possibilité importante de traitement.
En
quoi consiste la curiethérapie ?
La curiethérapie est une technique d'irradiation de
la prostate grâce à des grains radioactifs insérés
directement dans la prostate sous contrôle échographique.
Il s'agit d'une intervention peu agressive, faite le plus
souvent sous anesthésie générale, d'une durée de 1 à 2
heures. L'hospitalisation est courte (1-3 jours).
Les grains sont placés de façon définitive. Ils délivrent
des radiations continues dont l'intensité va en s'amenuisant
avec le temps. Au bout de 6 mois, ces radiations sont
négligeables. Elles ne rendent pas le patient dangereux pour
l'entourage. Il est simplement déconseillé de prendre des
enfants sur les genoux les premiers mois.
La curiethérapie est
actuellement réservée aux cancers peu évolués (confinés à la
glande et peu agressifs).
Des traitements associant curiethérapie et hormonothérapie
et / ou radiothérapie externe sont parfois indiqués dans des
stades plus avancés de la maladie.
Quels sont les avantages de la
curiethérapie ?
Les effets secondaires
urinaires et surtout sexuels sont probablement inférieurs à
ceux de la chirurgie. Ceci n'est cependant pas prouvé par
des études comparatives à long terme.
L'immobilisation due au traitement est moins importante que
celle due aux autres techniques
Quels sont les inconvénients de la
curiethérapie ?
Le premier inconvénient est
lié au fait que le recul de cette technique est inférieur à
celui des autres techniques (prostatectomie et
radiothérapie). Ceci fait hésiter à traiter des hommes ayant
encore une longue espérance de vie.
Par ailleurs, cette technique peut entraîner une irritation
du rectum (diarrhées, saignement par l'anus) et une
irritation de la vessie (signes comparables à ceux d'une
cystite, c'est-à-dire l'envie fréquente d'uriner associée à
des brûlures à la miction) qui apparaissent quelques
semaines après l'implantation des grains.
Une impuissance peut aussi apparaître (20 à 40% des cas)
dans les 2 ans qui suivent le traitement.
En quoi
consiste le traitement hormonal ?
Le but du traitement
hormonal est de réduire la production d'hormones "mâles",
c'est-à-dire de la testostérone. Cette hormone est produite
essentiellement par les testicules. Elle permet aux cellules
prostatiques de se développer et se multiplier. La réduction
de la testostérone permet de freiner l'activité des cellules
prostatiques saines et cancéreuses. Ceci se traduit par une
diminution du PSA et une diminution des symptômes en rapport
avec le cancer prostatique (lorsqu'ils sont présents).
Cette réduction de la
production de testostérone peut-être atteinte par des
médicaments (en comprimés ou en injection) ou par l'ablation
chirurgicale des glandes testiculaires. On peut adjoindre à
cette réduction de la testostérone, un traitement (par
comprimés) qui empêche l'action de la testostérone
résiduelle sur la prostate.
Le traitement hormonal est
classiquement donné de façon continue, à vie. On peut
cependant, dans certains cas, le donner de façon temporaire
(en association à la radiothérapie par exemple) ou de façon
intermittente, pour diminuer la fréquence et l'importance
des effets indésirables.
Le plus souvent ce
traitement est utilisé dans les cancers de prostate qui ne
sont plus localisés à la prostate. Ce traitement peut
également être prescrit en cas d'échec ou d'insuffisance
d'un traitement local (prostatectomie, radiothérapie ou
curiethérapie) ou en association à un traitement local.
Quels
sont les inconvénients de la réduction de la testostérone ?
Il y a diminution du désir
et de la puissance sexuelle qui va jusqu'à l'impuissance
complète dans 90% des cas. Elle est réversible par arrêt du
traitement si ce dernier n'a pas été appliqué trop longtemps
(c'est-à-dire pas plus de 2 ans).
Des bouffées de chaleur apparaissent.
Après un traitement de quelques années, il y a diminution de
la masse osseuse ("décalcification") avec des risques de
fracture plus importants que dans la population générale du
même âge.
Les cellules cancéreuses
prostatiques s'adaptent également à la pénurie de
testostérone et se remettent à se développer au bout d'un
temps très variable (quelques mois à quelques années). La
moitié des malades avec un traitement hormonal voient leur
chiffre de PSA remonter dans les 2 ans qui suivent le début
du traitement.
Dans ces cas, il faut modifier le traitement hormonal et
parfois adjoindre d'autres traitements.
Que nous
réserve l'avenir ?
De nouveaux traitements
physiques locaux sont en voie d'évaluation. Il faut citer en
particulier le traitement par "ultrasons focalisés à haute
intensité" qui semble prometteur dans certaines indications.
Tout cela reste à confirmer...
Il existe un traitement
chimiothérapique destiné au traitement des cancers de la
prostate avec métastases. Celui-ci s'administre en
intraveineux et en hospitalisation. Il a comme objectif
principal de calmer les douleurs et d'augmenter ainsi la
qualité de vie du malade.
D'autres médicaments sont en cours d'évaluation.
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